Interview Molly’s

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A quelques encablures de la sortie de son tout premier album, prévu le 22 novembre, et de sa prestation à la Lune des Pirates avec The Warlocks et Mark Gardener, fixée elle au 11 novembre, interview d’un groupe amienois qui monte…




1. Pourquoi le choix, à l’instar d’Axel and the Farmers, d’une “icône” shoegaze/noisy pour produire votre album?
Que vous a apporté, avec le recul, cette expérience avec Mark Gardener?

Nous ne voulions pas spécialement une “icône shoegaze/noisy” ou autre pour produire l’album. Disons que comme c’était le premier, on a voulu marquer le coup et faire en sorte que ça soit un peu exceptionnel. On avait pensé à lui sans trop oser aller vers lui, puis finalement on lui a demander, et il a été OK pour le projet, tout simplement.
Avec le recul, ce fut vraiment une expérience très enrichissante. Même si on était pas forcement de vieux briscards du studio, on a découvert une façon de travailler différente de celle en France, une approche de la musique beaucoup plus décomplexée et naturelle on va dire. On a appris beaucoup de choses vraiment. Humainement aussi, on s’est très vite compris avec Mark et ça a été la base de notre travail avec lui.

 


2. Connaissant le pedigree du bonhomme, sa présence a t-elle influencé sur votre vision des choses et le contenu de l’album, en termes de style et d’orientation?
Vous êtes vous appuyés sur certaines influences déjà “avouées”, où vous êtes-vous efforcés de vous en affranchir pour élaborer quelque chose de plus personnel?

 

L’album a été composé durant les années 2008 et 2009, et nous avons choisi d’aller en studio à la fin de cette période de travail. Le choix de Mark Gardener s’est fait à la toute fin vraiment, donc finalement le contenu, le style et l’orientation auraient été les même si nous avions enregistré n’importe en France, en Chine ou au Groenland…! C’est NOTRE album, on ne l’a pas fait pour faire plaisir à untel ou untel, et à aucun moment de la production, quelqu’un ne nous a dit de faire quelque chose qu’on aurait pas choisi.
Concernant les influences, on a pas essayé de calculer quoi que ce soit, on ne s’est pas fixé d’objectifs de paliers à franchir ou je ne sais quoi. Encore une fois, c’est notre album, il reflète ce qu’on est, c’est un peu comme une photo instantanée de cette période.

 

 

3. Que représente pour vous cette première sortie “long format”? Soulagement, fierté, “juste une première étape”…?

 

Les trois ! 🙂
C’est un soulagement et une fierté bien sûr, car c’est un travail, c’est une sorte d’accouchement en fin de compte ! C’est un peu notre bébé donc oui, on en est fiers.
Et effectivement ce n’est qu’une première étape, on va tourner pour promouvoir cet album puis on se penchera très certainement sur quelque chose de nouveau plus tard, mais encore une fois, sans calculs, sans se fixer d’objectifs, tout cela viendra naturellement.

 

 
4. L’album sera t-il suivi d’une série de dates assez conséquente?

 

A l’heure ou on te parle, nous n’avons pas de tourneurs. Il y aura des dates, conséquentes ou pas, mais nous aller tourner, le plus possible. C’est le moteur du groupe depuis le début, c’est ce qui nous fait vibrer, plus que d’être en studio.

Pour l’instant nous avons quelques dates jusque décembre, on espère bien jouer le plus possible en 2011.


5. Vous reste t-il “matière” pour les sorties à venir?

 

Honnêtement, après l’album, on ne s’est pas dit que le boulot était terminé. On a continuer a travailler sur cet album et sur son rendu en live. Quand tu es musicien, tu es un peu comme un artisan d’une certaine manière. Il faut tout le temps travailler, se remettre en question, chercher les détails, c’est ingrat mais c’est comme ça ! 
 On a volontairement freiné la composition pour effectuer ce travail, et pour ne pas faire du “Sighs of the night” BIS, en quelques sortes. Hier nous sommes retourné en studio au Sous-Marin pour enregistrer la face B du single (une reprise de “Too much class for the neighborhood” des Dogs), c’est ce qu’on doit avoir de plus “neuf” pour le moment !!


6. Comment fonctionnez-vous, au niveau écriture et composition, au sein du groupe? Envisagez-vous de vous ouvrir aux collaboration extérieures, voire aux remixes comme l’ont fait vos collègues The Beyonders?

 

Au niveau composition on fonctionne de manière très simple, quelqu’un ramène une idée, un riff, un rythme ou un son, et on travaille autours. On “habille” le morceau, jusqu’à obtenir quelque chose de cohérent. Puis viennent les textes, écrits par Benoit, qui vont s’inspirer de la musique et de l’atmosphère qu’elle évoque. C’est vraiment un travail de groupe, car tout le monde a son mot à dire, sur les textes comme sur la musique.
Pour les collaborations extérieures, la seule qu’on ait pour le moment c’est celle de Mark Gardener qui chante sur “Tastes like sedative” dans l’album. On était comme des gamins quand il a accepté de poser sa voix. Après concernant les remixs, on est vraiment plus sceptiques. Les Beyonders l’ont fait car c’est cohérent dans leur démarche, et logique par rapport à leur orientation musicale. On  a écouté une de leur chanson remixée par The Name, ça rend bien.

A part ça, les remixs, c’est vraiment le truc à la mode, c’est super convenu et attendu, tout le monde le fait. Se faire remixer, c’est un truc de rockeurs qui veulent se mettre à la page. Et trois fois sur quatre, c’est tout pourri, faut pas se le cacher, même les mecs de l’électro le disent.
Question collaboration, ça pourrait être marrant d’enregistrer un EP avec les Beyonders ou avec Oregone, se retrouver dans un studio et composer entre nous, ça serait intéressant. Encore faudrait-il qu’on en parle !


7. Que pensez-vous que votre appartenance à l’association Amiens Burning, collectif de groupes de rock amienois, puisse vous apporter? Qu’en attendez-vous sur le plan personnel?


On ne fait pas partie d’Amiens Burning pour que ça nous apporte quelque chose. On en fait partie parce que c’est aussi un peu notre bébé. Sauf que cette fois on est plusieurs parents !

C’est génial que l’asso revive, Antoine (Beyonders) a vraiment bien repris le flambeau. La “première” a eu lieu samedi 2 octobre, il y avait presque 200 personnes dans un tout petit endroit, c’est fou. Au tout début, les groupes jouaient devant les groupes et basta. Maintenant on croise de tout, des jeunes et des moins jeunes, il y’ aura toujours des râleurs pour dire que c’est trop ceci ou cela, que c’est stéréotypé, mais c’est vivant, et c’est ça l’essentiel. On y joue toujours avec plaisir, c’est là ou on a débuté, et c’est une vraie satisfaction de voir que 5 ans après, de nouvelles têtes apparaissent.


8. Y’a t-il des groupes qui, au gré de votre parcours, vous ont marqué ou influencés, et/ou avec lesquels vous aimeriez partager la scène ou un travail studio commun?

 

On a pas encore réfléchi à des collaborations, on verra plus tard. Ça demande du temps, et pour l’instant on préfère consacrer le notre au groupe, et à notre musique.

 

9. Le groupe cherche à se professionnaliser. Où en êtes-vous de cette démarche? Comment l’estimez-vous: longue et difficile, abordable…?

 

On aimerait ne faire que ça c’est sûr, même si c’est très compliqué.

On aime pas trop le terme “professionnaliser”, c’est très cadré. Le système en France est un peu à double tranchant: c’est à la fois une chance de pouvoir bénéficier de conditions sécurisées, de statuts, de rémunération, etc… et à la fois, c’est quelque chose de très lourd à gérer, tu peux très vite passer du statut de musicien à celui de fonctionnaire de la musique.
C’est la passion et la création qui doivent rester les moteurs avant tout. Le reste, c’est la cerise sur le gâteau en quelque sorte.


10. Pour finir…la France, terre de rock? J’ai en tant que “scribe” ma petite idée sur la question, à vous de me livrer la votre…

Non la France n’est pas pour nous un pays “rock” de manière générale. Mais c’est comme ça, c’est ancré, on aura beau râler ça ne changera rien. En Angleterre, cela transpire, ça fait partie de la culture et des gènes (on était allé voir un match du club de foot d’Oxford, à la mi-temps tu entends les dernières sorties indé, rien à voir avec la France).

En France, allume la radio, regarde la télé, tout est conventionnel, il n’y a pas de prise de risque.

Un artiste est trop vu comme un produit et tout ce que ça implique, Si tu n’es pas un ou une “fille de”, ou que tu ne t’appelles pas “René la taupe”, c’est foutu !

La France reste une terre de variété sans être péjoratif biensur.

Membres :
Antoine Breny (guitar / voice)
Benoit Dupont (guitar / voice)
Anderson Jinkins (bass / synth)
Hadrien Jeanne (drums)
Genre :
Indie / Garage Rock / Psychedelic
Originaire de :
AMIENS
Maison de disques :
A Quick One records

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