John Butler Trio @ La Médoquine

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La salle de la Médoquine accueillait l’Australien et ses deux comparses, qui ont par ailleurs changé par rapport à la dernière tournée. Si le groupe vient pour défendre “Avril Uprising”, son dernier album, bien des personnes sont dans le public pour écouter les titres qui ont fait connaître The John Butler Trio et la setlist a été visiblement conçue dans ce sens-là. Mais j’anticipe quelque peu..

Il est environ 20h quand je prends place dans la salle, dans mon petit enclos pur photographes, où je suis tout seul, mais avec les pompiers (si je fais un malaise, je suis sauvé). Sur le coup de 20h30, les lumières s’éteignent, les gens crient et les roadies achèvent leur boulot (ou presque) en donnant aux musiciens leurs instruments.

Et hop, le trio est en place, John n’a plus ses célèbres dreads, le batteur (qui jouait déjà pour John Butler sur “Three“) est du type costaud et entertainer, quand le bassiste, qui remplace Shannon Birchall semble plus effacé. Mais il est bassiste, hein. Le début est très bon, avec un bien puissant “I Used to Get High“, où la différence dans le jeu des nouveaux arrivants n’est guère perceptible. Mais ce n’est pas un défaut pour autant : John est en voix, le groove du morceau est toujours au rendez-vous et le public est ravi.

Le groupe oscille ainsi entre réminiscences d’un passé brillant (“Treat Your Mama“, “Ocean” qui symbolise toujours le break et le calme avant la deuxième moitié du concert), titres un peu plus récents (“Better Than“, “Good Excuse” avec au milieu un TRÈS long solo de batterie, de très bon goût il est vrai et exécuté de main de maître) et carrément nouveaux titres (“Revolution“, “Close to You“). Et le mélange passe bien, malgré un aspect plus “soft” et cool de ces nouveaux titres, là où le blues, la slide de John et la contrebasse faisaient merveille. Une guitare électrique passe même entre les mains de John, qui fait une infidélité à sa sublime électro-acoustique…

Et surtout, l’Australien, bien qu’en terrain conquis (les aigus dans le public ne trompent pas), en rajoute juste ce qu’il faut pour achever de se mettre le millier de spectateurs dans la poche (en gros : les grèves, c’est cool parce qu’il n’y en a pas en Australie, et le France, c’est le meilleur public qui soit). Mais sous ce vernis un peu “happy hippie“, il y a un guitariste brillant, un vrai showman et une grosse générosité, avec deux heures de concert, qui se termine sur un très punchy “Funky Tonight“. Bref, il y a des soirs où le pilote automatique est présent, mais où le voyage est quand même très plaisant. Et un voyage en Australie, on a déjà fait pire, non ?

Merci à l’organisation !

Photos signées Mickaël Choisi