Adam Kesher – Challenging nature

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Le second album de ce groupe…bordelais, donc forcément concerné de  façon directe par Muzzart, sortant aujourd’hui, il s’imposait donc d’en décrire le contenu, attendu qu’il était après un Heading for the hills, feeling warm inside singulier et révélateur d’une identité non seulement originale, mais assumée et permettant aux Aquitains de se démarquer de belle manière.

A l’heure de ce second disque donc, Adam Kesher réitère ses trames torturées, parfois cold, teintées d’une electro envoutante, mais gagne en cohérence par le biais d’un ensemble plus uni, moins dispersé que ne l’était Heading….

Le côté “club”, déviant, est de mise et ce dès Hundred years later, imparable, qui inaugure les festivités avec entrain et démontre d’emblée que la patte Adam Kesher est plus que jamais perceptible. En morceau destiné autant aux membres qu’à l’esprit, fort d’un refrain qui suscite l’envie de le brailler à tue-tête, il fait mouche et laisse augurer d’une suite tout aussi relevée, que Hour of the wolf amorce de façon probante, dans ce juste dosage entre urgence et breaks judicieux. Avec, autre atout du groupe, ces nappes synthétiques parfaitement en phase avec des vélléités plus organiques qu’on découvre de façon plus éparse, certes, mais plus que marquante, comme sur l’énorme et rapide Julien, Julie qui ferme la marche.

Quand Julien Perez et ses acolytes font dans le léger, l’atmosphérique (Attraction), le niveau demeure élevé et leur permet de s’embarquer l’instant d’après dans un Blue purple plus enlevé, bien assis entre rudesse rock et aspirations à un climat plus “céleste”. Puis Gravy train, tribal, au groove démentiel, avec ses voix qui se répondent ou s’associent, mais aussi sa basse rondelette, enfonce le clou d’un opus déjà passionnant.

Knock myself out, orné par des claviers aux boucles simples mais entêtantes, éveille lui aussi un intérêt conséquent, de même que Armed hands, léger, retenu, distingué, presque pop mais façon Adam Kesher, c’est à dire jamais conventionnelle, et animée par cette instrumentation unique.
Ce sont ensuite les “Kiss me Kinski” de…Kiss me Kinski qui font la différence, aidés en cela par ce rock simultanément noir et lumineux, enjoué et désabusé, froid et dansant, élaboré par Adam Kesher.
Et suite à cela, avant que ne se présente le Julien, Julie décrit plus haut, Waterfall, saccadé, aux effluves psyché significatives en sa fin, étaye le discours du groupe avec la maestria qui le caractérise, faisant de ce Challenging nature l’une des plus grosses réussites de la rentrée avec l’excellent Mother de Pilöt.

Nouveau coup gagnant donc, pour une formation dont le style foncièrement individuel régénère remarquablement la scène hexagonale.