Axel and the farmers – Axel and the farmers

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Après deux EPs qui révélaient déjà de belles aptitudes, Axel Concato, multi-instrumentiste français, d’abord en “exil musical” à Londres avant de revenir à Paris, sort son premier album, éponyme, qui reflète son goût pour les consonnances british, souvent pop mais au sens large du terme.

La gamme est large, soignée et construite avec goût, et on passe par exemple, en début d’album, de Dream #7, fait d’une pop-rock mélodique mais vivace, à un Souvenir nettement plus orchestral et un Bottle of rain de même teneur, assez psyché, que suit un Electrika rythmé et bien nommé, aux mélopées chatoyantes, pas très éloigné du titre inaugural.
L’équilibre entre force rock et délicatesse pop est bon, et le panel musical large, sans s’avérer déroutant, et on appréciera également le mid-tempo feutré de Billy’s trouble, qui parfait cette première moitié d’opus. Le groupe use de trames sobres, étoffées avec à propos, et fait preuve de cohérence, étayant ensuite son propos avec ce Lamp post lighter saccadé, aux touches Bowiesques majestueuses, dont les voix entremêlées suscitent un bel effet. Puis Dance hall, dansant, piquant et doté d’un chant à l’allant communicatif, fait la différence de façon définitive tout en apportant une touche rock débridée qu’on ne peut qu’approuver.

Passé ce morceau obsédant, il va sans dire qu’Axel ne s’arrête pas en si bon chemin, se permettant d’imposer Kids et ses voix aériennes, nouvelle réussite de taille, que suit The american jaw, qui mêle énergie retenue, urgence dans le rythme et élans psyché dans les voix, ceci avec la maitrise qu’on connait à Axel. Des plages Bowiesques, ici encore, se font entendre et magnifient la chanson, entrainante, vivifiante et qui confirme le fait qu’Axel et ses Fermiers réalisent ici un sans faute.

Red nose, dernière plage forte de motifs sonores décisifs, ne me contredira d’ailleurs aucunement, en mettant fin, dans cette indécision volontaire entre penchants rock, splendeur pop et zébrures psyché, à un disque intéressant de bout en bout, qui plus est varié et sans prises à l’ennui, loin de là.

Axel Concato livre donc avec ce premier long jet une oeuvre de haute qualité, qui parcourt les genres et les époques avec un savoir-faire surprenant, dans un esprit “britannisant” à la fois respectueux, vis à vis des influences avouées, et lui permettant une certaine audace, dont découle un résultat brillant.