Minmaars – Of our delirious former loving hours

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Ce disque m’a d’abord permis la découverte d’un label lillois, Hip Hip Hip, au catalogue plus qu’intéressant. Au delà de son appartenance à celui-ci, il dévoile de nombreuses qualités, entre post-punk et math-rock jamais démonstratif, dans l’esprit de Foals (celui d’Antidotes, la précision me parait nécessaire).

Issus de Leicester, Minmaars marche en effet sur les traces des ressortissants de Squaresville, tout en évoquant Bloc Party pour le côté post dansant et énergique, saccadé, et Adam Kesher d’un point de vue vocal. Ses titres font preuve d’une belle vitalité et s’avèrent tubesques, habillés de motifs à la Cassius (An open letter ton Andrew), dotés de breaks épars et justes. A la fois légers et incoercibles, ils font mouche avec la même facilité que le titre cité plus haut, et se veulent simultanément précis et débridés (To Jackals), forts de guitares noise puissantes (ce même morceau) que suivent des plages fines. Le mélange est réussi et attractif, et les rythmes changeants du quintet apportent un plus à ce premier album surprenant, aidés en cela par ces guitares virevoltantes et une basse au relief réjouissant. Avec, par dessus cette mixture vigoureuse, des claviers aux envolées inspirées (Essay essay essay), qui viennent parfaire l’oeuvre en présence.
Minmaars a de plus la bonne idée d’évoluer en format limité (huit titres au total), ce qui lui évite la redite et permet à l’auditeur de ne jamais relâcher son attention, quand bien même le disque affiche des influences évidentes.

L’allant de Spelt with A K not A C fait la différence, de même que l’explosivité soudaine de bon nombre de morceaux, et la réitération des paroles par Adam James Douglas Pickering suscite une forme d’obsession qui rend l’album plus addictif encore (Busy hands). On s’entiche aussi de ces motifs colériques, disséminés sur l’opus, de ces duels guitare/claviers concluants (Your heart my embassy) qui prennent parfois des atours noise/funk irrésistibles. Le tout dans un esprit disco qui fait bien plus qu’inciter à la danse.

Sur la fin, Ellen Mac Arthur et sa répétition vocale, dont je parle dans le paragraphe précédent, ainsi que son break aux relents psyché, assure une valeur optimale, imité par Are lovers, puissant, à la batterie percutante et aux riffs de claviers remarquables, qui apporte la preuve de l’ingéniosité des Anglais sur un format un peu plus étendu.

Un bon album donc, pour conclure, et l’avènement d’une formation dont on entendra à coup sur reparler, soutenue par un label lui aussi digne d’intérêt.