She is not alone – She is not alone

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Notre pays compte un nombre considérable de labels peu connus, tenus par des passionnés et avançant à la force du poignet, dont les catalogues regorgent de groupes estimables.

C’est le cas avec Et pourtant tout avait bien commencé, géré par Jean, bassiste-guitariste des excellents et très noisy Drive With a Dead Girl, de Lille, dont je vais vous décrire ici l’un des fleurons, sous la forme de cet album éponyme, leur second, de She Is Not Alone.

C’est justement l’intéressé qui se charge de tout sur cet album, parfois aidé au chant par Alexia, chanteuse du groupe nommé plus haut, et le contenu est à l’image du nom porté par le projet, qui est en fait le titre d’une des chansons du tout premier album, unique, de Sonic Youth. Noisy donc, porteur d’ambiances tourmentées, mais plus diversifiées que chez Moore and Co (du, moins en ce qui concerne leur tout premier jet), parfois apaisées (le superbe Airport, à la seconde partie toutefois plus massive et colérique), dans un premier temps basées sur des accords de guitare répétés, réellement captivants (The sun is burning me), qui se suivent et se complètent pour former un ensemble solide, à la pureté détonnante (T°47,5 et ses chants associés) que vient troubler une lame de fond noisy incoercible.
Une sensibilité pop renforce le rendu, sur Dniepr, fin et tranquille, légèrement assombri, de même qu’un coup de boutoir presque hardcore de moins d’une minute, Pan pan, semblable à Nic fit de l’album Dirty.

Quelle que soit l’ambiance qui se dégage des morceaux, ceux-ci séduisent et se veulent singuliers, perturbés, à l’image de Tropria, lancinant, aussi doucereux que souillé par ces guitares performantes dans toutes les options parcourues. Ceci avant un Lunatic de plus de douze minutes, qui évoque également les auteurs de l’indispensable The Eternal. Animé par le chant d’Alexia, que Jean seconde d’ailleurs parfaitement, changeant dans ses rythmes et ses humeurs, celui-ci constitue la pièce de bravoure d’un opus de haute tenue, et se laisse perforer par une élan noisy débridé, avant de réinstaurer une atmosphère apaisée.

Forts de cette grosse réussite, les deux nordistes s’appuient sur celle-ci pour conclure de superbe façon un disque aussi spontané et artisanal dans sa fabrication (on est ici dans le DIY total et c’est tout à l’honneur du “fabricant”) que passionnant et insoumis.