SiN – SiN

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Connu comme étant le duo dont fait partie le bassiste des Wombats, SiN, groupe norvégien officiant dans un univers electro-pop délicat et euphorisant, m’a été révélé, il y a peu, par l’enthousiasmante vidéo de A romantic dinner for three. Entre énergie à la Los Campesinos et joyeuseté façon I’m From Barcelona, ce titre augurait de qualités non négligeables, que les dix titres de ce premier album éponyme confirment sans problèmes.

La pop jubilatoire des Anglo-Norbéviens, mélodique, brumeuse sur l’introductif The postman, pour se faire ensuite plus vive, communique un entrain contagieux, et des arrangements simples et enjôleurs, d’autant que se profile, en seconde position, l’irrésistible morceau nommé plus haut. Doté, de plus, de cuivres superbes, de choeurs dynamiques, il m’évoque les Boo Radleys de Wake up! et lance l’opus de la plus belle des façons. Puis It’s up to you et ses boucles synthétiques virevoltantes, léger et vivifiant, nous apporte la quasi-certitude que SiN, pour un premier jet, nous réjouira jusqu’au bout.

En outre, il varie les plaisirs, et ne se prive pas d’imposer une trame posée sur Elverum, toutefois animé par un rythme electro minimal, pour nous enivrer de giclées de claviers sur Moaners, auquel des guitares mordantes donnent du “piment”. La réussite est complète et les voix, angéliques, ne sont pas en reste.

Crystal red, vaporeux comme peut l’être The postman, inaugure la seconde partie du disque sans flancher, à l’instar de 2nd thoughts (on the horizon), rêveur, à la joliesse pop enchanteresse. Les penchants “aériens” de SiN constituent un bel atout, combinés avec des élans plus vifs comme ceux de Hornparade, et force est de constater qu’on n’avait plus profité depuis un moment d’un tel album, frais et personnel, qui évoque quelques brillantes formations (The Notwist et les groupes évoqués dans le premier paragraphe) sans que celles-ci ne soient trop évidentes, loin s’en faut. Et si une véritable énergie se fait désirer, les morceaux dégagent assez d’intérêt, et s’avèrent assez réussis et novateurs, pour séduire sur une durée conséquente. Et on s’entiche des “planeries” de Too much to ignore, à la fin stridente, puis de The quiet bust-up, tranquille mais plus “agité”, plus “épais” que les titres qui précèdent, pour ensuite rejouer inlassablement un opus dont l’entrain et l’immédiateté s’avèrent incoercibles.