Singoff – Put it back to the street

0
1272
Duo, maintenant trio si l’on en croit sa page Myspace, lyonnais, Singoff sort, après une apparition sur trois “tribute” gratuitement téléchargeables sur ladite page, et un douze titres sorti en 2008, ce nouvel EP, fort de xis chansons solides. La formule est assez décalée (voix, guitare et M.A.O. assurés par Orel, violoncelle et choeurs par Quentin Fauré, Jessica Lopez se chargeant, quant à elle, de la basse et des choeurs), et le résultat, bien qu’un peu timoré en certains endroits, crédible et bien ficelé.

On débute d’ailleurs de superbe façon avec This is the way junkies go, complainte intense et psyché, aux voix éthérées, dont la répétitivité devient très vite un atout et le gage d’une belle qualité, le violon assurant une dernière minute à la fois élégante et dérangée, un tantinet folk. Et quand Ordinary day fait entendre ses premiers accords, l’alliance voix-violoncelle, pure, ample, débouche sur une nouvelle réussite. Le chant, exalté et douloureux, est parfaitement contrebalancé par les choeurs, et le rendu porteur d’une singularité que l’on ne peut qu’approuver.

Au moment d’aborder une reprise très..Mary Chain du Little doll des Stooges -on a connu bien pire comme choix de “cover”-, on prend conscience, bien qu’on n’en soit qu’à mi-chemin de l’EP, que Singoff appartient à cette catégorie, précieuse et fournie, dont on espère de tout coeur qu’elle percera et aura l’occasion d’exprimer ses qualités dans leur plénitude, des autoproduits dignes d’être signés…et produits.

Gotta pay souligne ensuite cette dualité voix/instrumentation, parfaitement en place, et montre qu’avec une certaine expressivité, une sobriété bienvenue dans l’ornement et…de la passion, élément indispensable s’il en est, on peut arriver à un résultat de belle facture. Ceci dans une sérénité trompeuse, majestueuse mais perturbée, à l’image de Put a light down on me. A dominante acoustique, muni d’un apparat sonore magnifique, ce dernier respire en effet la mélancolie et la réinvestit pour en faire le sentiment dominant, l’une de ses forces, comme si les failles dans le ressenti se muaient en atouts d’écriture et de composition.

Enfin, Alternative utopia, psyché et lancinant, retenu (peut-être trop d’ailleurs, tant la “force” qu’on sent poindre au détour de certains titres se fait désirer, sans toutefois nuire outre-mesure à la cohérence du disque ou à sa qualité), met fin de façon prometteuse à un EP dont l’écoute nous fait espérer que Singoff creusera le sillon de son rock racé et fiévreux, sur ses sorties à venir, de façon plus poussée encore.