Teenagers in Tokyo – Sacrifice

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Quintet quasi exclusivement féminin ou presque (seul le batteur fait partie de la gent masculine), Teenagers in Tokyo sort avec Sacrifice son premier album, fait d’une electro-pop/rock gentiment cold, qui dès le lancinant et insidieux Sacrifice, parvient à éveiller un bel intérêt.

Sur ce morceau inaugural, des guitares puissantes viennent secouer une voix sensuelle et sombre à la fois, et de façon générale, sur l’opus, un rythme souvent vif abrite des secousses post-punk, ornées de claviers “dark”, la recette fonctionnant sans peine.
Les morceaux prennent en certaines occasions des atours plus pop, plus “enjoués” (Long walk home), après que l’on se soit réjoui d’un Peter Pan enlevé, post-punk et funky de par ses guitares, et d’un New day à la basse rondelette.

Teenagers in Tokyo fait les choses avec maitrise, sans débordements, et a de plus le mérite de s’en tenir à une dizaine de morceaux, ce qui lui permet de tenir sans problèmes sur la durée.
On s’enthousiasme pour les à-coups du très cold Isabella, la première moitié de Sacrifice s’avérant être une très belle réussite, pour ses breaks synthétiques, et atmosphériques, habiles, puis l’electro-pop pleine d’allant de End it tonight prolonge le plaisir, aidée en cela par une instrumentation au sein de laquelle basse, guitare et batterie, et ces claviers décisifs, se distinguent chacun à leur niveau tout en faisant preuve, dans une simplicité bienvenue, d’une parfaite cohésion.
Ces élans cold caractéristique du groupe sont pour beaucoup dans la réussite du groupe, tant ils cohabitent,, de façon exemplaire, avec des plages plus chaleureuses (As we are, entre autres), pour ensuite exhaler les effluves du Cure première période sur l’intro de Talk to the fire.

Avec ce chant séduisant, aussi “chaud” qu’intense et encanaillé, la brassage de Teenagers in Toyo donne sa pleine mesure, débouchant l’instant d’après sur un Robocat tranchant, à la voix cette fois menaçante, parfait. Guitares mordantes et claviers en boucle, soutenus par cette basse énorme (Simon Gallup n’est pas éloigné…) portent cet essai vers les sommets, puis c’est un 3046 electro-pop aérien, léger, porteur lui aussi de cette touche cold qu’on apprécie grandement, qui met fin de belle manière à un disque au contenu exaltant, varié aussi, signé par un groupe à l’identité attrayante.