Sandie Trash – Outrageous brune

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Bonne entrée  en matière discographique pour Sandie Trash, après une apparition sur l’indispensable compilation “Des jeunes gens modernes” initiée par Agnès B., avec cet album cru et provocateur, chanté dans la langue d’un Molière dont la plume aurait surement frémi à l’écoute des textes de la dame et de son compagnon.

Entre volutes Gainsbouriennes récurrentes -l’illustre Serge est même repris sur le Jane B inaugural- et assauts electro-rock dotés de guitares puissantes (Shoot me) auxquels s’adjoignent d’ingénieuses séquences electro, le duo se met en quête, souvent avec brio, d’une identité personnelle, déjà affirmée sur le plan textuel et musical, et certainement plus encore sur les planches, nous régalant d’une poésie encanaillée, sensuelle et syncopée sur Copyright, puis greffée sur un rythme minimal sur Strip (avec Kent), que de brèves mais décisives guitares viennent “acidifier” avec à-propos. Le recours au Français n’entrave aucunement la qualité du rendu; au contraire, il en valorise la teneur, qui n’en prend que plus de sens, et on se délecte des bombes rock bas du front livrées par Sandie Trash (Tes cuisses, Sandie Trash) aux gimmicks sonores bien trouvés.

L’alchimie est aboutie et débouche donc sur des compositions abouties, jamais excessives dans leur trame sonore, on s’en réjouira, le duo apportant même, si besoin était, la preuve de ses goûts imprenables sur une reprise alerte du Fière de ne rien faire de nos précieux Dogs.
Les voix associées, opposées même (Miss Killah Bang) font leur effet, apportant un plus à cet ensemble solide, relevé, de plus, par des riffs cinglants (Shoot me, Destroy darling) et dont la déviante distinction littéraire le rend plus intéressant encore.
L’opus maintient d’ailleurs un niveau élevé en sa fin, sur un Bâtard, insidieux, au groove incoercible, ouvertement sexuel comme nombre d’autres titres, puis le rythmé L’essence et le sang sur lequel le registre vocal  caractéristique du duo, entre union et antagonisme, trouve son apogée, et qui nous gratifie de six-cordes une fois de plus puissantes et délectables.

Fort de ces atouts, Sandie Trash signe, pour conclure, un disque de belle facture, unique, au registre attractif, bien assis entre élégance verbale et attitude plus “malsaine”, dirons-nous. Une réalisation qui mérite le détour et incitera très certainement à aller vérifier et constater, dans le cadre du live, la prestance scénique de ses géniteurs.