Fortune – Staring at the ice melt

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Ayant quitté et dissous l’excellent projet mené avec Tepr, Abstrackt keal agram, Lionel Perres a depuis fondé Fortune et sorti, en 2007, un maxi annonciateur d’un album au contenu de valeur.


 


Celui-ci, fraichement sorti, recense en effet une douzaine de titres pop-wave de qualité, dont les deux premières, Under the sun et Gimme, exhalent des sonorités pop synthétiques fortes de mélodies marquantes. La seconde, rythmée et munie de guitares éparses mais efficaces, rappelant les nantais d’ Anoraak ou encore Curry and Coco sur ses morceaux les moins endiablés. Le rendu est donc souvent attrayant, ce que prouve ensuite un Bully vivace, digne du duo précité. Les nappes de synthés, bien pensées, s’allient à une voix délicieusement 80’s et une instrumentation rock jamais excessive. La part de chaque tendance -organique/synthétique- est très juste et l’association des deux habile. Et lorsque Fortune ralentit le tempo (At night et ses gimmicks ravageurs, qui à eux seuls font la différence), le résultat convainc également.


 


Ce premier tiers d’album annonce donc le tout sous les meilleurs auspices, sans qu’on ne se départisse d’une exigeance de qualité au moins égale envers la suite, sachant le nombre de disques qui débutent fort pour ensuite perdre irrémédiablement en qualité ou sombrer dans le remplissage. Since you’re gone, élégant et délicat, porteur de mélopées encore une fois bien troussées, nous met d’emblée sur la bonne voie, avant que ne lui succède Highway part 1, court et pouvant de prime abord paraitre dispensable en dépit de sonorités dont on sent qu’elles peuvent déboucher…sur un essai intéressant, et c’est ce qui se produit avec Highway. Identique dans l’esprit au titre qui le précède, cette chanson mid-tempo envoie des séquences synthétiques simples et entêtantes, et confirme la bonne impression laissé par l’opus en présence. Tout juste regrettera t-on à ce moment l’absence de plages plus vigoureuses, l’excellent Nothin venant combler cette légère frustration par le biais d’un rythme élevé et de plans rock hautement approuvés, assortis de ces claviers décidément décisifs.


 


Fortune tient alors toutes ses promesses, à l’amorce d’un quartet final qu’on pressent désormais de haute tenue, et que Celebrate, un poil funky, inaugure brillamment. Refrain fédérateur et claviers groovy, au côté cold intéressant, accrochent l’oreille et suite à cela, c’est la pop-rock mélodique et bien ornée de Venus qui vient compléter le tableau d’un premier effort séduisant. Puis Fancy role, puissant mais retenu, aux “keyboards” une fois encore savamment utilisés, avec ces voix qui se répondent et ce refrain posé suivi de guitares brèves mais percutantes, fait définivement pencher la balance en faveur de Lionel Perres et ses musiciens. Ceux-ci se permettant une fin d’album pop-cold excellentissime, sur un Poison qui fait superbement la transition entre époque(s) révolue(s) -l’époque cold suivie de l’époque “new- et revival actuel, et achève avec maestria un album de haute volée. Album sur lequel aucun écart qualitatif ne se fait entendre, et dont on attend déjà la suite avec une impatience non-feinte.