We Have Band – WHB

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Révélation déjà comparée à Metronomy ou Hot Chip, ce qui n’incite pas vraiment à un enthousiasme débordant mais suscite tout de même la curiosité, We Have Band, trio anglais constitué de deux “mecs” et une fille, sort ici son premier album, qu’il débute…mal, avec un Piano digne de Coldplay, c’est dire le raté qui inaugure le début de l’opus. Et rebelote avec Buffet, que “sauvent” des sonorités bien amenées et une fin sombre, sans toutefois que le morceau ne surnage complètement. On se dit alors qu’on a encore une fois affaire à un groupe monté en épingle bien trop vite et de façon  quelque peu irréfléchie…avant de succomber à dix titres plus que solides, qui par leur qualité nous font rapidement oublier ces débuts plats et insignifiants.


 


Entre Divisive, superbe essai électro-pop, et Hero knows qui ferme la marche sur un mid-tempo aux guitares floues délectables, Thomas WP et sa compagne Deborah – “Dede” – WP, aidés du batteur Darren Bancroft, balancent une pelletée de standards entre électro-pop et électro-rock, dansants mais d’esprit rock, forts, en certaines occasions, de plans de guitare incisive, et d’une touche “dark” forcément appréciable. Il y a, aussi, ces élans new-wave, et ces nappes synthétiques, ces chants associés (Love, what you doing?), émanant du couple WP, et la fraicheur générale de leurs morceaux. D’une façon à mon sens plus convaincante que les groupes précités, We Have Band réalise l’amalgame, abouti, des tendances, en s’ancrant dans une modernité toutefois jamais exempte de clins d’oeil au passé, et impose des réalisations entrainantes comme Oh! et son refrain marquant, auquel succède How to make friends, plus saccadé, clair-obscur, avant que n’arrive un Honey trap de taille, robotique dans la voix, porté vers l’avant par des claviers terribles et une six-cordes qui remplit elle aussi parfaitement son rôle. We Have Band fait le choix..d’un non-choix entre organique et synthétique, et réussit le pari de faire cohabiter les deux sans erreur excepté un début poussif.


Hear it in the cans exhale des sonorités early Depeche Mode du plus bel effet, en son intro, avant que le chant de Dede, sexy, s’y associe, épaulé par celui, plus “classique”, de Thomas. Là encore, l’accompagnement est de grande qualité, des claviers dominants se voyant perturbés par les interventions judicieuses d’une guitare bien utilisée, et portés par une batterie que le trio a eu l’excellente idée de substituer à une boite à rythmes.


 


C’est ensuite Centrefolds & empty screens, aux basses massives mais  empreint d’une vive légèreté, le chant s’avérant toujours aussi séduisant, qui vient entériner l’attractivité et le savoir-faire assez bluffant des brittaniques, ces basses jouissives introduisant You came out sur lequel des guitares timides et primordiales livrent un duel bref mais remarqué à des claviers aux riffs façon Pretty Hate Machine de Nine Inch Nails. Sur le plan de la trame sonore mise en place, We Have Band dame le pion à nombre de formations de la même mouvance et donne un second souffle au créneau électro-pop, se permettant un époustouflant WHB en guise d’avant-dernier titre. Puissant, rock bien que porté par des rythmes intermédiaires, il fait de cette fin d’album, avant le Hero knows décrit plus haut, le digne prolongement de la dizaine précédente, et de l’oeuvre en présence une découverte qui, cette fois, vaut largement le détour et ne décevra que l’espace de deux chansons, dont on exigera donc de We Have Band qu’il les optimise, à l’avenir, de façon à proposer un rendu plus intégralement captivant. Celui-ci étant cependant brillant et immanquable, s’il était besoin d’en faire le rappel…