Erin McKeown – Hundreds of Lions

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Saviez-vous que Erin McKeown en était à son septième album ? Pour ma part, je l’ignorais, et quand j’ai vu son âge (31 ans), j’en étais d’autant plus surpris. Une chose est sûre en tout cas : la tête sur les épaules, cette Américaine originaire de Virginie du Nord a un certain talent pour mêler plusieurs aspirations sur “Hundreds of Lions“.

Si je devais donner un dénominateur commun aux onze titres de l’album, ce serait peut-être une influence folk, qui se dilue parfois mais reste assez prégnante. C’est plus dans cette volonté de raconter des histoires, des petites comptines que l’on ressent ce sentiment. La voix de notre chanteuse renvoie aussi à certaines de ces cons?”urs, comme la (trop rare) Fiona Apple, ou encore Lonely Drifter Karen. Mais elle n’hésite jamais à s’en écarter, non par défiance, mais plus par goût de l’expérimentation : aux classiques guitare et batterie s’ajoutent volontiers des instruments que l’on ne croise plus très souvent, comme une clarinette, où des violons dont les cordes pincées (sur “To a Hammer“) donnent un aspect chatoyant et ludique aux chansons. “To a Hammer” ouvre d’ailleurs l’album sur une ambiance de dessin animée, avec son orchestration très riche et une tonalité un peu rétro : difficile pour moi de ne pas reconnaître avoir pensé à “Extraordinary Machine” de Fiona Apple. Mais l’ombre tutélaire des plus grands yeux bleus de la musique indépendant US se dissipe, et les pistes se brouillent. Le piano majestueux et les cordes magnifiques de “Santa Cruz” font voyager l’auditeur, avant que Erin McKeown revienne à une formule plus dépouillée sur “You, Sailor“, dont le lyrisme s’exprime uniquement à la fin. Retour au piano sur “The Foxes“, martelé et vaguement menaçant, avant “(Put the Fun Back in the) Funeral“, aux arrangements mélangeant boucles synthétiques et cordes pincées. Si l’on peut ainsi trouver des liens entre chaque chanson, chacune prouve que la jeune femme s’est avant tout fait plaisir, jouant sur des ambiances changeantes, de larges influences qui illuminent des titres comme “All the Time You Missed” ou “The Boats“, très sombres malgré leur richesse instrumentale, ou le ludique “The Rascal” et ses sons très “ronds” et avenants. Jamais à court de surprises, l’Américaine clôture sur “28“, d’une ampleur qui va grandissante, et un intimiste “Seamless“. En 11 titres, Erin McKeown m’a conquis, de son univers multicolore et une écriture presque sans défauts : une superbe découverte !

Le MySpace de Erin McKeown, son site officiel

Tracklist :
To a Hammer
Santa Cruz
You, Sailor
The Foxes
(Put the Fun Back in the) Funeral
The Lions
All That Time You Missed
The Boats
The Rascal
28
Seamless

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