David Bowie – A reality tour

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Comment parler d’une telle oeuvre, qui couvre aussi magnifiquement la carrière du Thin White Duke depuis ses débuts, tout en laissant, c’est quasi-inévitable, un sentiment de manque tant on sait qu’en dépit d’un contenu fourni et de haute volée, d’autres titres-phares, live oblige, ne sont pas présents sur cet objet merveilleux? Comment ne pas sombrer dans l’emphase à l’écoute d’un tel disque, sur lequel notre homme, âgé de 56 ans, électrise et met en transe une foule conquise, inventant même, des termes même de la rédaction de  Rolling Stone,

“de nouvelles façons de séduire le public et faire revenir ses fans encore et toujours” ?

Trente-trois titres dont trois inédits à la tenue iréprochable, et un joli passage sur ses deux derniers albums studio en date, Heathen et Reality, témoignent d’une tournée qui fut, il faut le souligner, désignée “deuxième meilleure tournée 2003” par Rolling Stone après celle de Radiohead.

Entre ses standards galvanisés par le live, une version rare de Sister Midnight, la géniale reprise du Cactus des Pixies et j’en passe, Bowie affiche une superbe unité et nous apporte la preuve de la cohérence, et de la flamboyance, d’un parcours dont peu d’artistes peuvent se targuer. D’un All the young dudes précieux à l’inénarrable The man who sold the world, avec en intro l’incisif Rebel rebel que relaie un New killer star tout aussi enivrant, l’acide et funky Fame, ou encore ce Hallo spaceboy endiablé, pour faire court, ce premier volet met déjà à genoux l’auditeur un tant soi peu connaisseur de l’oeuvre globale de ce grand ami d’Iggy, qui sur la seconde partie continue son festival et nous régale de trois bonus tracks qui ne figuraient pas dans le dvd d’origine: Fall dog bombs the moon, superbe exercice pop-rock, Breaking glass, mémorable composition issue du fabuleux Low, puis ce China girl qui, à l’instar de Fall dog bombs the moon, se pose bien évidemment en classique rock.

Ce second cd débute de plus par Ashes to ashes, et nous sert d’incroyables versions de, par exemple, I’m afraid of Americans, issue d’un Earthling aussi singulier que son concepteur, ou Hang on to yourself, acéré, complètement jouissif. Avec, comme cerise sur le gâteau, ce Ziggy Stardust intemporel, à l’image du registre de David Bowie. Les différentes facettes de cette légende sont dévoilées et cohabitent parfaitement; expérimental comme à l’époque berlinoise, délicat, remonté, intimiste ou nettement plus exhubérant, le bonhomme fait mouche, triomphe et nous montre que l’âge n’a aucune prise sur sa vélocité et son inspiration (Never get old au titre et au contenu illustrant parfaitement la situation actuelle de Bowie et de son répertoire).

Et ce live superbe met en perspective une suite étincelante, tant en live qu’en studio où l’excellence de ce double cd laisse légitimement augurer de travaux à venir de haute volée.