Ladylike Dragons – Heartburst

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Auteur de deux EP, l’un au moins se situant à l’époque Olympic Dragons, le trio de Meaux sort ce premier album sur lequel il tient, en dépit d’un son plus policé, les promesses entrevues auparavant tant sur scène, où il fait preuve d’explosivité, que sur support cd. Le temps de quatorze titres vigoureux et pour la plupart convaincant, emmenés entre autres par la pétulante Cindy au chant, en cohérence avec la guitare volubile de Sébastien et la frappe infaillible de Yann, les Ladylike Dragons mettent en son, avec simplicité et une maitrise de bon aloi, les progrès effectués depuis 2006.

Méritoire et volontaire, le trio déboule avec un Slavery puissant, rageur et mélodique, à l’image du contenu ce Heartburst solide. Et s’ils achèvent leur route sur un Campfire posé, l’énergie prévaut tout au long de leur opus, comme sur 13 minutes et son riff maousse allié au chant vindicatif et encanailé de Cindy. La scène anglaise n’est pas éloignée (My need of naughtyness, jubilatoire) mais ne constitue pas l’unique influence des Franciliens, qui trouvent leur inspiration dans leurs goûts et écoutes communs, lesquels peuvent également se situer du côté de la Grosse Pomme ou de notre frileux hexagone. Des penchants poppy, toujours portés par cette guitare bavarde (Travel box) réhaussent encore le tout et chaque titre, rapide ou tranquille, remonté ou plus délicat, mérite que l’on s’y attarde.
On aimera ainsi ce Like a reptile fin et décidé, ce chant charmeur et insolent, et ce Not a love song très british, tout comme on approuvera l’interlude apaisé que constitue The wisdom of my faith.

La fin d’album, elle, suivra la même voie sans faiblir, à commencer par The ghost and the living, alerte et nuancé, auquel succède un Bound together trépidant. Pop, rock, garage (j’insiste cependant sur le fait qu’à mon humble avis, le groupe aurait gagné à insister sur ce côté garage), rage et sensibilité, les éléments s’imbriquent et s’entrechoquent pour accoucher de nombreux morceaux décisifs, des cordes faisant même une apparition plus que correcte sur Don’t get me wrong. Cindy et ses collègues de jeu affichent une belle inspiration et emporteront à coup sur dans leur élan une large du public. L’énergie de Lose control (hommage aux Irlandais de Ash? Je me plais à l’imaginer…) les y aidera grandement, et ce premier long-jet soigné devrait leur ouvrir de nombreuses portes, ou tout au moins celles que leur talent et leur détermination n’ont pas encore suffi à enfoncer.

Un bon album donc, un peu trop poli certes, mais fourni, généreux et sans véritable faux-pas.