Margerin – 76

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Trio incluant en son sein un ex KING SIZE (le bassiste Philippe Nicole, est-il besoin de le présenter dès lors que l’on fait preuve d’un tant soi peu d’intérêt pour la scène rock picarde?), ce qui constitue d’emblée un atout sérieux, MARGERIN bénéficie aussi des talents indéniables d’un chanteur parolier (et guitariste) plutôt habile, Laurent Margerin, et d’un batteur sans failles nommé Benjamin O’Nail. Le premier de ces deux derniers réalise la prouesse de chanter dans la langue de Molière en se montrant convaincant sur toute la ligne, tout en ayant la bonne idée d’ajouter un titre en Anglais et deux autres, si je ne m’abuse, partagés entre les deux langues. Ce faisant, il trouve un point d’ancrage, un équilibre affirmé, confirmé et appuyé par le vécu de Philippe et la frappe toujours à propos de Benjamin.
De ce fait, ce premier album plein d’allant pourrait permettre au trio de faire une entrée remarquée dans le giron des formations usant de notre langue-mère, ce que démontre d’emblée un “L’impératrice triste” à la fois tranchant, mélodique et attractif  d’un point de vue textuel. Et même si Margerin décide de nuancer son propos dès le titre suivant, “D.R.U.“, il reste convaincant, d’autant plus que “On le suppose” renoue avec un allant à porter au crédit des trois comparses.
L’opus décrit ci est d’ailleurs principalement constitué de cela, et se veut le parfait compromis entre vigueur rock (dominante, et l’on s’en réjouit) et élans plus maîtrisés. De ce dosage juste et habile naissent des titres marquants, dont chacun mériterait quelques lignes, à commencer par ce “Hanging on to your live” fonceur et irrésistible, Laurent en “remettant une couche” en évoquant Debbie Harry, parvenant par ce subterfuge à accrocher l’oreille d’un auditeur déja séduit.
Ensuite, “France/Angleterre“, doté de riffs cinglants, confirme l’impression laissée par ce qui précède, tout comme “Tout changer“, lui aussi vigoureux, la suite se montrant du même accabit. Et si j’avoue pour ma part un petit faible pour “Babylone” et ses riffs vicieux, ou “Sonny gun” et ses accélérations bienvenues, tout dans cet album mérite un intérêt soutenu, à l’image d’un “Toutes les filles” rapide et qui conclut avec brio un premier long jet remarquable, digne de la plus grande attention.
Pour conclure, il importe de le signaler; c’est Phil Délire, au CV plutôt conséquent, qui a fignolé le son du groupe, et cela s’est fait à l’Ouvre-Boite, à Beauvais. Un gage de qualité supplémentaire…