School of seven bells – Alpinisms

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SCHOOL OF SEVEN BELLS est le projet de Benjamin Curtis, ex-guitariste des SECRETS MACHINES, et des jumelles Alejandra et Claudia Deheza, du groupe de post-rock ambient ON! AIR! LIBRARY!, également collaboratrices occasionnelles de PREFUSE 73.
De ce trio émerge une musique captivante, qui réinvente le shoegaze en le mêlant à une électro rêveuse, magnifiée par le chant des deux intervenantes. Réminiscent de MY BLOODY VALENTINE et des COCTEAU TWINS, l’univers du trio fait preuve d’une singularité, et d’un pouvoir de séduction, étonnants. Les genres sont ici imbriqués avec maestria et ne forment plus au total qu’un tout cohérent et dérangeant, à la fois mélodique et bruissant comme l’excellent “Iamundernodisguise” qui ouvre le bal. Des rythmes trip-hop, des guitares bruitistes et étouffées, des voix angéliques et brumeuses, et des séquences électro habilement confrontées à des parties plus noisy s’associent pour former une dream-pop des plus attrayantes. Et quand le fantôme des MBV pointe le bout de son drap (“Faco to face on high places“, superbe), on se retrouve propulsé, avec délices, à la croisée de l’épopée shoegaze et de l’époque actuelle, plus dévolue aux revivals et aux brassages plus ou moins réussis.
Réussi, le “mix” des SCHOOL OF SEVEN BELLS l’est au delà de toute espérance et, loin de s’arrêter en si bon chemin, il crée un style quasiment inconnu jusqu’alors, ou plutôt rarement aussi abouti dans le résultat qu’il engendre. La cohabitation entre le chant de sirène, façon Liz Fraser, des jumelles, et les motifs sonores vaporeux et parfois plus agressifs qui l’accompagnent se fait de la meilleure des façons, et tous les titres audibles ici, différents et porteurs chacun à leur niveau d’une identité à ne plus prouver, captivent de façon définitive.
Wired for light“, merveille mélodique et contenue, en apporte la preuve flagrante, de même, entre autres, qu’un “Connjur” alerte, et on décolle bien haut à l’écoute de ces onze titres (treize pour l’édition avec bonus tracks) dreamy à souhait et sans failles. Un petit côté électro 80’s se dégage même de titres comme “Chain“, tandis que le penchant rêveur de la formation charme lui aussi sans coup férir. “Prince of peace” apporte son pesant de guitares mordantes et, par là-même, un intérêt supplémentaire à ce disque probant, qu’un “My cabal” aussi intense que spatial boucle avec bonheur.
Grosse découverte donc, qualifiée par la presse anglaise d’album dreamy de l’année. Si nous n’en sommes qu’au mois de mars, force est de reconnaitre que cette fois, cette dite presse semble approcher au plus près une réalité plutôt réjouissante.