The Delano Orchestra – A little girl, a little boy and all the snails they have drawn

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On savait Clermont-Ferrand riche en groupes rock de valeur, voilà que sa scène folk (Kütu Folk Records, label aux moyens modestes mais aux productions éticelantes, en est le meilleur exemple et sort à l’heure où j’écris ces lignes le second album de ce projet de Derek Delano, accompagné pour cela d’un “band” qui habille sa voix d’un délicate enveloppe sonore, sensible et splendide).
Sobre jusqu’à sa “vêture”, la pochette tenant en un fond noir sur lequel le nom du groupe semble avoir été peint en blanc, cet opus dévoile mille et une richesses et suscite un enchantement à la hauteur de son contenu ouaté, porté par une voix céleste, sussurée, et se manifestant par  treize morceaux sublimes, posés mais qui,  à l’occasion, partent dans des envolées plus vives (“Bubbles of soap“) de toute beauté.
Folk avant tout, personnel, introspectif, tenant sur certaines de ses plages du post-rock, ou ailleurs d’une pop orchestrale et dépouillée, il envoûte et se classe d’emblée parmi les meilleurs entendus ces derniers temps dans ce style qui à l’écoute du disque semble bien lui être particulier, tant celui-ci semble n’être du qu’à l’ingéniosité et au don d’écriture et de composition du sieur Delano. Sublime dans sa mise à nu, dans cette sobriété que l’on préferera à toute forme d’exhubérance et qui lui sied à merveille (“Spring our little wings“), intense et majestueux dans ses montées en puissance (“Frozen lake“, du grand art), ce disque est une oeuvre majeure, indispensable et d’une grande sensibilité. Il semble avoir été pensé, élaboré, pour manifester et mettre en sons une certaine forme de douleur ou d’optimisme, à moins qu’il ne soit tout simplement un moyen d’évacuer la première pour engendrer la seconde; c’est d’ailleurs le cas de nombreuses oeuvres abouties. Une pureté enivrante s’en dégage et enjolive chacun des titres entendus ici, dont aucun ne peut être dissocié. L’écoute fait en effet naitre d’emblée une passion, une forme de dépendance envers un album que des cuivres viennent “épicer” ça et là (“Between day and night, part I” et “Between day and night, part II“). Entre jour et nuit, c’est un peu l’état auquel on accède à l’écoute d’un tel objet; il nous permet une métamorphose, le voyage vers un état autre, vers des contrées mentales marquées par le tourment mais au bout desquelles on trouve, on on retrouve, une certaine forme de sérénité, qui nous fait sombrer dans un enchantement auditif profond et incoercible.
Est-il besoin d’en dire plus, de tenter d’exprimer par les mots ce que seule la musique peut engendrer? Non, certes. Mais il me fallait évoquer, pour pouvoir les transmettre, les émotions, les sentiments que ce joyau permet d’éprouver. C’est chose faite et il est donc grand temps, alors, de repasser à l’écoute.

Magistral.