The Brian Jonestown Massacre – Take it from the man!

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En me baladant à la Fnac (à la
recherche de quelque offre ou opé un tant soi peu intéressante), voilà
que je tombe, dans les bacs à 1 euro, sur cet album essentiel du BRIAN JONESTOWN MASSACRE.
“Oh p+++++!”, me dis-je alors, en me saisissant de l’objet avec fougue
et une avidité qui a du interpeller plus d’un auditeur de chanson
française pourrie à la recherche d’albums aux chansons mièvres et
insignifiantes. Je file alors à la caisse, pris d’une soudaine panique
à l’idée d’une erreur d’étiquetage, en chopant au passage le MGMT et le Fires of Rome.
Mais la caissière, lente et jolie, me confirme le prix. Je paye donc et
quitte cet établissement parfois louable dans ses initiatives, et après
une après-midi de boulot social captivant mais néanmoins fatiguant,
enfourne ce précieux objet, déja connu bien sur, mais jamais acquis en
cd en raison de prix prohibitifs, dans ma platine. Et même si le
contenu m’enchantait déja, le fait d’y revenir suscite en moi une prise
de conscience toute nouvelle de la valeur des chansons écrites et
composées par Newcombe et ses collègues.
Peu
travaillées, authentiques et baignant dans un folk flou et d’obédience
rock, souvent psychédélique, parfois presque lo-fi ou noisy, s’étirant
dans des rythmes paresseux, les dix huit plages de ce disque sont en
effet étincelantes, se situant de surcroît à mille lieues des
productions trop rutilantes dont l’aspect trop poli finit par rebuter
sans rémission.
Que ce soit “Vacuum boots” en ouverture, léger et insidieusement psyché, ou ce “(David Bowie I love you) since I was six” délicat et d’une grande pureté, ou encore ce “Who?
à l’image même du groupe; rétro et simultanément enlevé et aérien, ou
le reste, que j’éviterai de vous détailler au titre par titre même si à
l’écoute, cet opus mérite largement une telle démarche, tout est bon
ici et l’effet psyché et intense produit par ces titres génère une
dépendance durable, un attachement quasi-culte à ce groupe hors-normes.
Une formation qui puise dans le passé ce que le rock offre de meilleur
pour le recycler sans le dénaturer, ceci avec un savoir-faire
surprenant. “Oh Lord“, ai-je même envie de dire, pour évoquer les sentiments générés par le disque, qui “Caress” mes oreilles (excusez ce piètre maniement de la langue de Shakespeare et du contenu de l’objet en question).
Chaque
titre, ici, se suffit à lui-même et l’ensemble, dénudé et sans apparats
grotesques ou débordants, brille de mille feux, armé de cette
simplicité et de cette inspiration qui le rend indispensable. On
l’écoute d’ailleurs sans relâchement, sans omission, en se passionnant
autant pour un “Take it from the man” lent et Velvetien en diable ou un “b.s.a.” à peine plus fourni, magiques, que pour “Monkey puzzle” à la fougue Stonienne salvatrice. Sans parler des onze minutes d’un “Straight up and down” ahurissant en fin de parcours, et de ce qui se situe entre les deux.
Un
album indispensable donc, nécessaire à tout amateur de musique sans
concessions, à la fois rétro et bien ancrée dans son époque, tout comme
la discographie de ce groupe incontournable.