Maison Neuve, interview

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     Maison Neuve est un groupe rock parisien qui vient juste de sortir un mini-album intitulé Victor Victor (Sauvage Records). Refau, le chanteur du groupe, a répondu à quelques questions pour une interview par mail.
    Maison Neuve sera en concert à Bordeaux ce dimanche 28 septembre à El Inca (28 rue Ste Colombe, Bordeaux) avec également ce soir-là sur scène Adrian Orange et Mirror Mirror.



1.Maison Neuve existe déjà depuis quelques années, peux-tu nous parler de vos débuts?

 

L’idée et les premières chansons datent de 2001. T.T. (batterie) et Benoît (guitare) m’ont rejoint en 2006. Nous sommes très amateurs au fond. T.T. n’avait jamais joué de batterie auparavant. Aujourd’hui, il a un style très personnel, génial et médiocre en même temps; c’est fascinant. Benoît s’est, lui, découvert une passion pour la guitare alors qu’il devait, au départ, jouer de la basse.

2 Vous venez de sortir un mini-album intitulé Victor Victor, comment  s’est passé l’enregistrement?

 

Les chansons ont été enregistrées chez moi (Paris 15 puis Paris 11) sauf “Victor”, enregistrée en “direct” dans la chambre de T.T. (Paris 9).

3. Le titre de l’album est également le titre de la première chanson, parle-nous un peu de cette chanson.

 

 “Victor Victor” est une chanson sur l’Enfant Sauvage de l’Aveyron (fin 18ème, début 19ème). Truffaud a tiré un magnifique film de l’histoire de ce gamin qui a vécu entre 5 et 12 ans seul dans la forêt. Les écrits du Docteur Itard (médecin qui a tenté d'”éduquer” Victor)  sont saisissants d’humanité et de modernité. C’est cette matière qui m’a inspiré cette chanson. Je crois beaucoup à la force de la culture et, par conséquent, peu à l’inné. Il me semble que l’histoire du petit Victor est la preuve irréfutable de l’action irréversible de l’environnement sur la personnalité et le comportement. Je crois, en revanche, que l’état de nature (la “page blanche”), cet état primitif d’absolue innocence continue, malgré les facteurs exogènes, malgré la civilisation, malgré la culture, d’exister en nous. Comme le souvenir d’un poème, d’une mélodie, d’une chaleur rassurante.

4. Vous travaillez avec le label Sauvage Records, comment s’est passée votre rencontre et comment travaillez-vous avec eux?

 

Sauvage Records est un tout petit label chaleureusement administré par trois amis passionnés : Julius Balducci (américain expatrié à Sarlat), Guillaume Ruthènes et Stefan Buronov (tous deux parisiens). Ils sont très cool, enthousiastes et nous laissent complètement libres. Je connais Guillaume depuis très longtemps (quasiment la maternité !) et c’est grâce à lui que nous avons rencontré les deux autres.



5. Avant de sortir ce mini-album, vous avez sorti un album avec la chanteuse Lispector, quels souvenirs gardes-tu de cette expérience?

Le split-album avec Lispector a été une immense joie. C’est une artiste totale, très personnelle, flamboyante. C’est une vraie indépendante : elle se fiche éperdument de l’air du temps. Je suis extrêmement fier de ce disque. On s’est beaucoup amusés à l’imaginer puis à le construire. Je crois qu’on est tous les deux des romantiques et que c’est ce qui dicte notre besoin de composer, notre envie d’écrire.


6. Quels sont les groupes qui t’ont donné envie de faire de la musique?

Leonard Cohen, The Who, Jimi Hendrix vers 13/14 ans. Je dois avouer qu’ado (94-98), alors que c’est très loin de ce qui me plaît aujourd’hui,  j’adorais la britpop : sleeper, whipping boy, blur, pulp, strangelove, the catchers, elastica, echobelly, the auteurs, black box recorder, suede, stone roses…Je crois que, mine de rien, ils m’ont vraiment donné envie de monter sur scène, d’être jeune, fou, artiste. Les fringues étaient cool, les gars portaient des colliers, des Adidas gazelle, des polos super ajustés, ils étaient androgynes. Ca a été une révélation pour moi, un peu coincé au fin fond de ma province rurale.

Les Etats-Unis, le Brésil, la France et l’Afrique sont, aujourd’hui, mes territoires musicaux préférés. Ce sont des gens comme Vinicius de Moraes, The Walkmen, Manset, Fela Kuti qui nourrissent mon besoin de faire de la musique.

7. Vous serez en concert à Bordeaux dimanche, avez-vous déjà joué à Bordeaux et quels sont vos projets pour la suite?

Ce sera notre première fois à Bordeaux.
Nous jouerons à Paris le 23/10 au Divan du Monde, dans le cadre d’une soirée organisée par les bienveillantes Boutiques Sonores

Nous venons d’enregistrer des chansons et espérons sortir un vrai album en 2009



MUZZART QUIZZ:

Quel est, selon toi, le meilleur endroit pour écouter de la musique?
a) dans un bar
b) en marchant dans la rue
c) sur internet
d) autre

b) en marchant dans la rue
 

Tu fais de la musique pour:
a) l’argent
b) l’a gloire
c) embêter vos parents
d) autre

d) oublier !

S’il n’y avait qu’un seul festival où vous aimeriez jouer, ce serait:
a) le festival de Reading
b) les Francofolies de La Rochelle
c) les Vieilles Charrues
d) autre

d) autre : l’ATP ou le Midi Festival à Hyères, je n’y suis jamais allé mais j’ai l’impression que c’est super chic d’y être programmé.


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