Le saxophoniste JAMES BRANDON LEWIS et le trio instrumental The MESSTHETICS — composé de Joe Lally et Brendan Canty, section rythmique historique de Fugazi, accompagnés du guitariste Anthony Pirog — viennent de sortir un nouvel album via Impulse! Records. Le voici en écoute. Grand merci New Noise, de ce fait j’en parle tant le contenu le vaut! La première preuve répond au nom de Deface the Currency, éponyme elle largue un jazz aussi classe que sauvage. Liberté, musicalité. Brisures. Ruptures. Classe totale, spontanéité. Gestations, que la basse ponctue. Superbe. L’instrument de Lewis, éblouissant, se couple à la trame de ses expérimentés complices. Virtuosité, mais sans la frime. Chacun est au service, avant tout, du rendu. 30 Years of Knowing, fin. Velouté. Ce bris de verre, sur la bien belle pochette. Tout me plait ici. Parfois, pour la différence, je songe à Morphine. Regrets. Rules of the Game, qui se dispense de règles justement, groove magiquement. Son jeu flamboie.

Universal Security, de sa feutrine grisée, prolonge brillamment. Il vire au bruit, magique. L’écart fait sensation. Dans la foulée Clutch, après un départ paisible, rocke et jazze massivement. Les styles s’entrelacent, jamais on se lasse, l’opus est bien trop classe. Les virées cuivrées, l’unicité de la rythmique, les phrases de la guitare forcent l’adhésion. Intense, c’est un morceau de bravoure. Serpent Tongue (Slight Return), auquel terminer incombe, suinte un jazz perforant, pétri de talent, psyché et vrillé, rock et titubant, d’une portée qui fait de ce Deface the Currency une galette à se procurer toute affaire cessante.
