Dans la "
GAM" creilloise, à l'équipe compétente et hautement sympathique, la prog est non seulement de qualité, variée dans les genres et ouverte, audacieuse, mais également très bon marché et en ce samedi de février, carte blanche était donnée à l'asso
Les Amis de la Gam, pour un concert à trois conclu et dominé par les les énormes
Left Lane Cruiser, après que les locaux
Emonsters HiFi et les parisien(ne)s
Les Bécasses aient dégagé la voie pour le duo américain.
Emonsters Hifi
Rageur et plutôt plaisant à entendre, bien qu'un peu convenu, avec son electro/rock/indus boostée par un chant remonté, des guitares offensives et des claviers bien disséminés, ainsi que des basses profondes, Emonsters HiFi et ses ambiances changeantes et bien construites, souvent percutantes (
Mr president), s'est imposé comme une découverte intéressante. Peut-être pas pour les creillois, vu son origine, mais pour les autres, en agrémentant ses compos de plages mélodiques bienvenues. Il y a du talent (
Herbas, excellent titre) chez ce groupe au chanteur théâtral, pas très éloigné de
Franz Treichler des
Young Gods, qui tape fort en nuançant avec à propos.
Les Bécasses
Les Bécasses, quatuor mo-féminin/mi-masculin, enchaine ensuite avec son mix de power-pop, garage et punk-rock épicé, et embelli, par le chant de
Marion. Les morceaux sont courts et pas loin du tubesque, simples et entrainants, une coloration "girly" encanaillée plus qu'attractive en émanant pour rendre ce concert, trop timidement accueilli par le public, réellement probant. La complémentarité est de mise (la dualité vocale de
Penbroke mystery), l'adresse dans la composition également, et le groupe à suivre avec intérêt donc, un premier album pointant d'ailleurs déjà. De plus, Les Bécasses évoquent les 90's et cette clique de groupes noisy, entre
Foil,
L7 et les
Pixies, pour faire court, ce qui ne fait que renforcer l'intérêt de leurs apparitions.
Left Lane Cruiser
Passé ces deux bonnes prestations, les déjantés Left Lane Cruiser et leur "punk-blues" mâtiné de country, brut et sauvage, vont livrer un set énorme, livrant à deux un raffut jouissif ponctué par les "merci beaucoup" et les "je t'aime" de
Freddy J IV (guitare+chant), d'un brio hallucinant dans son jeu de guitare, qu'épaule son batteur, le fracassant
Brenn "sausage paw" Beck. L'assistance, déchainée au niveau des premiers rangs, ne ratant pas une miette de ce gig high-voltage, minimal et "wild" à souhait. La slide du barbu fait merveille, son chant écorché itou, la cadence cinglante de son acolyte renforce l'ensemble, dont se dégage un cachet rétro décisif, roots comme on l'aime, et la paire administre une claque aussi retentissante que souhaitée et attendue à la GAM, comblée par une telle conclusion. Et recommandable, donc, eu égard entre autres aux concerts qui s'y tiennent régulièrement.