Duo issu d'une ville de Besançon décidément bien rock (remember
Generic, autre paire intéressante à souhait),
lufdbf est abrité par
Acid Cobra Records, le label drivé par
Amaury Cambuzat (
Ulan Bator), dédié à un rock classieux et parfois furieusement déviant.
Ici, on dévie avec classe et on convoque l'élégance verbale d'un
Gainsbourg, de même que les relents d'un très regretté
Kat Onoma, et on envoie sans crier gare dix-sept titres merveilleux. Tantôt "cool" (
Neige au soleil), souvent acidulé comme il se doit, à mi-chemin du fringant et du bruissant, l'univers créé par
Thierry Lorée et
Fred Debief enchante et incite dans le même temps à l'encanaillement, et peut prendre des atouts electro/trip-hop grinçants (
Noueux) sans jamais se départir de textes superbement écrits. La beauté d'une trame faussement détendue (
Echo) peut laisser place à un long format sombre (
Tout le reste n'est que du vent), son côté narratif rappelle
Diabologum, dont l'habileté à élaborer un territoire personnel se voit ici égalée par les deux bonshommes.
Plus loin,
Dormir allié acidité rock et groove electro, puis des riffs secs animent le splendide, dans la cadence hachée comme dans le propos,
Instables ludions. ludfbf fait feu de tout bois et signe une oeuvre magnifique, racée en diable, caractérielle aussi, et étale un savoir-faire démentiel dans ses moments de quiétude (
Demain), comme dans les passages moins "purs" qui jalonnent un
Deux passionnant, qui nous offre une découverte française retentissante, d'ores et déjà digne de la plus grande attention.